Certaines critiques reposaient sur le fait que Parlorama semblait donner la même valeur à une question écrite qu'à un rapport parlementaire. Au delà du fait que cette affirmation est fausse, je souhaiterais démystifier la notion de rapport parlementaire.
Des coefficients de fait
Dans le cadre de la note d'activité, chacun des 7 critères (nombre de rapports, avis, questions écrites...etc) ont été évalués selon la même méthode. C'est la médiane qui a été chaque fois calculée et non pas la moyenne. Prenons un exemple, il y a 10 députés, 9 rédigent 1 seul rapport et 1 député actif contribue à l'élaboration de 4 rapports. La moyenne serait donc de 1,3 et dès lors, à part le député zélé, tous seraient recalés... Avec la médiane, nous partageons le groupe de députés en deux parties de même nombre d'éléments. En outre, dans le cadre de Parlorama, celui qui a la meilleure note est celui qui a réalisé le plus de rapports au prorata des jours pendant lesquels il a été député. Puisque ce calcul est réalisé pour chacun des critères, des coefficients de fait se créent. Aussi , l'équation 1 question parlementaire = 1 rapport est totalement erronée. Cela explique pourquoi des députés ayant rédigé plusieurs rapports mais n'ayant présenté aucune question écrite, aucune déclaration écrite...etc se retrouvent mal notés.
Démystification du rapport parlementaire
Chaque député siège dans une commission de travail. Dans le cadre de celle-ci, il peut être nommé rapporteur sur un sujet précis. De 2004 à 2009, les commissions parlementaire ont déposé durant la plénière plus de 2200 rapports. Certains rapports nécessitent plusieurs années pour leur rédaction car le député doit recourir à des experts, des auditions, des "enquêtes" afin d'appréhender un sujet qu'il ne maitrise en général pas en raison de la trop grande spécialisation du thème. La rédaction d'un rapport implique aussi des échanges avec les autres groupes politiques car il s'agira de faire en sorte que le rapport soit voté lors de la plénière. Mais il y a aussi des rapports qui ne nécessitent que très peu d'investissement et qui peuvent être rédigés en quelques heures. Alors comment faire le tri? Un tri envisageable serait de distinguer les rapports législatifs des rapports non législatifs par exemple. Mais il y a aussi un paramètre qu'il faudrait prendre en compte: l'implication des fonctionnaires européens. En effet, il peut aussi arriver que le rapport présenté par un député ait été réalisé pour partie ou totalement par un fonctionnaire du Parlement ou du groupe politique. Je ne parle pas ici des assistants parlementaires. Alors comment faire pour évaluer la réelle implication du député dans l'élaboration d'un rapport?
Et vous, qu'en pensez-vous?